Pourquoi un e-commerce n'est-il pas plus polluant qu'un commerce physique ?

Une des idées reçues en termes d’écoresponsabilité est qu’il faut impérativement boycotter les achats en ligne. Vraiment ? Si cette affirmation est en partie vraie, il faut davantage se pencher sur la question pour comprendre que commander en ligne n’est pas forcément plus polluant. On a enquêté pour vous en se basant notamment sur l’impact du commerce en termes d’émissions de CO2 : Vous savez, ce gaz rejeté dans l’atmosphère et qui réchauffe notre planète !


Les impacts sur les transports et le Traffic


L’ONG Greenpeace estime qu’un commerce en ligne est plus vertueux, s’il remplace un achat que vous devez effectuer à plus de 15km de chez vous. On peut tous déjà s’accorder sur le fait que le consommateur qui achète en ligne, va de ce fait, générer un trajet en moins : il ne va pas se déplacer pour acheter ou récupérer le produit.

Savez-vous par exemple, qu’un déplacement en magasin génère entre 1 ,5 et 2,9 fois plus de C02 que l’achat en ligne d’un même produit (non alimentaire).


Vous allez me dire : acheter en ligne, cela implique d’être livré ? Vous avez tout à fait raison, cependant en groupant les colis, un véhicule effectue un seul itinéraire de livraison avec en moyenne 150 colis.

Les économies sont donc proportionnelles au nombre de commandes passées. Et même lorsque l'on ajoute à cela le trajet du e-commerçant jusqu’à la poste, l’impact de l’emballage et du fameux « dernier kilomètre » *, la livraison reste une meilleure alternative.

La vente en ligne permet également de réduire 4 à 9 fois le trafic routier** du commerce en général. Les livraisons vers les consommateurs représentent 0.5% de celui-ci alors que le commerce physique est à l’origine de 11% du trafic.


Ces chiffres sont expliqués par d’autres facteurs comme la consommation d’énergie des bâtiments (chauffage, climatisation, éclairage). Les grandes surfaces par exemple sont très énergivores, beaucoup plus que les entrepôts de stockage de la marchandise vendues en ligne ou du petit e-commerçant qui stocke chez lui ou dans un box. D’après une étude d’Oliver Wyman et LAE, pour l'achat du même produit, c’est environ 160gr de C02 pour le e-commerce contre 1200gr de CO2 pour le commerce physique qui sont dégagés.


De manière générale, l’e-commerce a donc un impact moins important sur l’environnement. Il existe cependant des habitudes d’achat qui réduiront davantage votre empreinte carbone. Lorsque l’on vit en ville, que l’on privilégie la marche ou le vélo pour se rendre au commerce de proximité, alors l’émission de CO2 baisse considérablement. Pour réduire son empreinte, on choisit des produits et des acteurs locaux, ceci est valable tant en physique que dans le e-commerce.


L’impact sur l’artificialisation des sols


L'artificialisation des sols consiste à transformer un sol naturel, agricole ou forestier, en un sol artificialisé. C'est un des facteurs principaux du changement climatique. La biodiversité, le cycle de l'eau jouent un rôle cruciale pour la planète, il est temps de s'en préoccuper !

Qu’est-ce que c’est ? C’est simplement le fait de transformer un sol naturel, agricole ou forestier, en l’imperméabilisant plus ou moins, ce qui entraînera des conséquences non négligeables en termes d'écologie.


L’e-commerce représenterait moins de 0.3% de cette artificialisation en Europe. En effet, l’utilisation de terrain est plus importante pour le commerce traditionnel que pour le commerce en ligne, en tenant compte des surfaces utilisées pour la logistique, la vente et le stationnement.


On estime par exemple, à chiffre d’affaires égal, que la superficie totale occupée est inférieure de 26% à 43% pour le e-commerce par rapport au commerce physique. Il est vrai que le e-commerce nécessite 2 à 3 fois plus d’espace de logistique, mais il ne nécessite aucun point de vente et encore moins de stationnement.


Impact CO2 pour l'achat d'un produit en fonction du canal de vente en Europe
Les différents éléments, notamment la consommation d’énergie des locaux, le déplacement du consommateur en magasin et la livraison sur le dernier kilomètre, pour ne citer que les plus gros générateurs de CO2, permettent d’établir le constat suivant : le e-commerce a moins d’impact environnemental que le commerce physique ou retail.

Quelques conseils pour ne pas augmenter son empreinte carbone lors d’un achat en ligne


Si tout n’est pas tout noir ou tout blanc, voici donc comment mieux acheter et devenir un véritable consom’acteur.


Il faut déjà bien choisir son produit pour ne pas avoir à le renvoyer : cela plombe le bilan écologique de la vente en ligne. Il est utile de se renseigner d’abord sur le produit avant de le commander. On commence par bien lire les guides descriptifs, vérifier que le produit ait été testé sur des sites spécialisés, lire des articles de blog, des sites critiques, des commentaires clients à ce propos. Encore mieux, laisser vous convaincre par votre entourage si ce dernier a testé certains produits.


On privilégie ensuite des petites entreprises aux mastodontes : artisans locaux, startups, projets naissants. Les prix sont souvent égaux voir inférieurs et les produits de meilleur qualité.


On choisit la livraison classique à la maison ou en point relais. Certes, la livraison rapide est un réel atout mais elle doit rester exceptionnelle : il faut anticiper ses achats pour les éviter, car en moyenne elles sont 3 fois plus polluantes et alourdissent l’impact sur l’environnement.


On groupe ses achats ! Savez-vous qu’en commandant sur les grosses plateformes, vous prenez le risque que les produits ne soient pas tous envoyés en même temps et par le même transporteur ? Le e-commerçant indépendant lui, va essayer de limiter les coûts et va plutôt grouper les envois.


Pour conclure sur le commerce en ligne, comme toute chose, l’acte d’achat doit être pensé et réfléchi. Boycotter à tout prix la vente en ligne ne sera donc pas toujours la solution pour réduire son empreinte carbone, au contraire. Dans tous les cas, mieux consommer c’est d’abord consommer au plus près de chez soi, en achetant des produits durables et dont on a vraiment besoin… peu importe le canal de vente ! L’e-commerce n’a pas vocation à remplacer le commerce traditionnel, mais à venir le compléter.



Notre article très chiffrés, nous en conviendrons , est tiré des études de la FEVAD, GREENPEACE, OLIVER WYMEN et LAE.


*Dernier segment de la livraison qui s’arrête jusqu’à chez vous. C’est le plus couteux et le plus polluant ! Les agglomérations mettent cependant en place de nouvelles solutions, nous en parlerons dans un prochain article.
**en zone urbaine, analyse couvrant les agglomérations de Paris, Londres et Berlin.